Ciel de constellations – Orion

Le ciel étoilé m’a toujours passionné. Tout petit déjà, je le fixais avec un air béat en posant des milliers de questions à mes parents. Pour éviter de devoir me répondre, ils m’ont acheté un livre qui expliquait bien mieux tout ce que je voulais savoir. Lorsque je l’ai fini, j’en ai cherché un autre. Et encore un autre. Finalement, j’ai décidé que quand je serais grand, j’irais dans les étoiles. J’essaierais de les apprivoiser et de les aider si elles se sentent mal. Je serais une sorte de docteur des étoiles. 

Me voilà grand, avec une pile plus haute que moi de refus pour entrer à l’agence spatiale européenne, le nez dans des formules que presque personne ne comprend, mais en passe de devenir docteur des étoiles — enfin, on appelle ça plus communément un docteur en astrophysique. 

Chaque soir, alors que je sors de l’université, je lève la tête au ciel. Je ne vois pas forcément quelque chose, puisqu’Oxford est une ville polluée, mais je fais marcher mon imagination. J’imagine les nébuleuses, les constellations, la station spatiale internationale, la Lune, les déchets de satellites. J’ai parfois l’impression d’y être déjà allé tant je suis passionné. 

Mon travail est globalement mon seul sujet de conversation. Je passe mon temps à disserter dessus. Ma thèse, mes recherches, les cours que je donne aux licences en physique, mon idole, Stephen Hawking dont j’essaie de suivre le parcours à la lettre. Je soûle tout le monde et l’unique manière de me faire changer de discours, c’est que je boive. Alors, à chaque fois que je retrouve des amis de la fac, nous allons dans un pub. Je parle un peu des étoiles, on me commande une bière, je l’avale parfois cul sec et mes sujets de conversation se mettent à varier. 

C’est exactement ce qui va se passer ce soir. Je suis en route vers la sortie de l’université, et surtout, vers notre pub favori. De toute manière, je n’en peux plus de travailler. 

— Hey ! 

Mes lèvres s’étirent, et j’accélère le pas. Au centre de la cour plus ou moins déserte d’Oxford se tient un jeune homme blanc aux cheveux bruns coupés assez courts, aux yeux d’un bleu qui complète bien le mien et au sourire ravageur. Il me fixe d’ailleurs avec un de ceux qui font craquer tout le monde dès que nous sommes en société. Mais là, c’est moi qui craque. 

— Salut. 

J’attrape un pan de son duffle-coat pour m’appuyer dessus et je le ramène contre moi. Le baiser est toujours long quand on ne s’est pas vus depuis plusieurs jours, parce que j’ai besoin de calme pour mes recherches, ou qu’il est trop occupé par son travail. Je n’ai jamais été gêné par les effusions en public, et mieux encore, dans un endroit presque désert. De toute manière, je n’ai rien à cacher. 

— Tu m’as manqué, Hyp. 

— Toi aussi, si tu savais. On y va ? 

Je lui attrape la main et nous avançons dans la nuit de cette fin d’automne. Comme d’habitude, ses paumes sont bouillantes alors que je peine à réchauffer les miennes. Une autre chose qui m’a fait craquer. 

Avec Declan, nous avons commencé à sortir ensemble il y a trois ans. J’étais en plein dans le début de ma thèse, encore tout frais et surtout très énergique. J’avais des rêves plein la tête — surtout concernant l’espace — et mon sujet me passionnait. Fort heureusement, ce n’est pas ce qui a plu à Declan, parce que sinon, il m’aurait quitté depuis quelque temps déjà. 

De manière très surprenante, nous ne nous sommes pas rencontrés à la fac, mais au pub où nous nous dirigeons. C’est Elaine qui a proposé que l’on élargisse notre cercle d’étudiants en physique vers d’autres domaines. Je n’étais pas forcément pour, puisque je suis très compartimenté comme personne, mais en regardant mon copain, je me dis toujours que je suis heureux que l’on m’ait forcé la main. 

Declan est commercial dans une boîte à Oxford et contrairement à moi qui en suis à ma neuvième année d’étude, il a vite abandonné les bancs de l’université pour le monde du travail. C’est le cousin d’Elaine, une de mes camarades, qui est chercheuse en physique expérimentale. Malgré ses démentis, je suis certain qu’elle avait déjà l’idée derrière la tête de nous présenter. Avant qu’elle passe à l’action, elle m’a de nombreuses fois parlé de son cousin gay très gentil, mais aussi seul qu’une météorite perdue dans la Voie Lactée — elle a su m’amadouer avec une métaphore spatiale. La subtilité était un peu absente, mais comme elle m’a fait penser à ma sœur jumelle, je n’ai rien dit. Et encore une fois, j’en suis très heureux. 

— À quoi songes-tu, mon cœur ? 

— À toi. 

Je lui souris avec tendresse et il resserre nos doigts. Alors que nous marchons, il profite d’une petite ruelle entre une maison de ville et une librairie pour m’attirer et m’embrasser. Je glisse mes mains dans son écharpe bien chaude pour me réchauffer. 

— Tu es trop mignon, me murmure-t-il en se séparant de moi. D’ailleurs, est-ce que tu es avec moi ce soir ou tu es encore accaparé par la Chose ? 

— Tu m’as pour toi tout seul. Pas de Chose. Juste toi et moi. Je travaillerais demain. Mon cours avec les premières années a été annulé parce qu’un prof titulaire avait besoin de mon créneau. Normalement, j’aurais râlé, mais là, ça m’arrange. 

Il m’embrasse avant de recommencer à marcher. Il a bien raison, je commence à me les geler. 

Sauf qu’il s’arrête à nouveau devant la vitrine de la librairie contre laquelle nous étions appuyés. Je ne peux pas le blâmer, c’est son passe-temps favori. C’est même une bibliothèque à lui tout seul. Il dévore tous les genres, et dès qu’un auteur ou une autrice lui plaît, il engloutit sa bibliographie complète. Je le laisse donc observer en paix, et je fais aller mes yeux sur les vitres. 

Comme nous approchons doucement, mais sûrement de Noël, les décorations rouges et dorées sont déjà en place. Un Père Noël tient une grosse pile de livres dans un coin de la vitrine, et son traîneau est rempli à ras bord, si bien que l’on peut se demander comment il va parvenir à s’envoler. Le tout repose sur du papier crépon qui imite la neige. 

Je me promène devant les différentes scènes ; je n’espère pas trouver d’ouvrages scientifiques qui m’aident pour ma thèse, mais j’ai un petit plaisir. Certains se targuent d’être rédigés par d’éminents professeurs, mais racontent des bêtises plus grosses que Jupiter. Je les achète et ensuite, je les détruis sur internet ou durant mes cours. Mes élèves adorent ça. 

Je passe devant le rayon des jeunes adultes à la vitesse de l’éclair, parce que je ne me suis jamais retrouvé dans ce genre d’histoires. Les seules qui m’ont tenu en haleine ont été abandonnées par leur auteur, malheureusement. 

Sauf que mes yeux sont attirés par une affiche, éclairée par une petite lampe pour que l’on puisse la voir quand la librairie est fermée. Je la lis et mon cœur rate un battement, avant de démarrer comme un fou. Je m’en veux de ressentir tant de choses alors que je suis heureux en couple, mais je n’y peux rien. 

C’est Yahiko. 

Strictement personne, mis à part ma sœur Lola, n’est au courant que Yahiko Ayase, l’auteur de la série best-seller Les Chroniques de Cristal, est en réalité mon ex petit-ami. Nous sommes sortis ensemble durant mon adolescence, quand je finissais ma scolarité à Belfast, suite au divorce de mes parents. C’était mon grand amour — bien qu’il ne soit pas le premier — et me séparer de lui a été une torture. J’ai même failli mettre en péril mes études pour aller le retrouver. 

On ne s’est pas disputés, personne n’a trompé personne, il n’y a pas eu de drame. C’est la vie qui a fait que nos routes ne pouvaient pas continuer ensemble. J’étais accepté à Oxford pour ma licence de physique, lui à Queens pour celle de littérature anglaise. Je ne pouvais pas lui demander de venir avec moi, et il savait que c’était mon rêve d’aller à Oxford. On a tenté la distance, mais ça n’a pas marché du tout. Chacun avait sa nouvelle vie avec ses nouvelles habitudes, et trouver du temps pour l’autre devenait impossible. Alors, on s’est séparé. On s’envoie encore quelques mails de temps en temps, et je suis toute son actualité littéraire avec passion. Le jour où il m’a appris qu’il était publié, j’étais aussi fier que lorsque ma sœur a eu son concours de professeur des écoles en France. 

Avec nos occupations respectives, nous ne nous voyons jamais. Alors savoir qu’il vient dédicacer le dernier tome sorti et faire une lecture de certains passages me tourneboule complètement. Même si je m’en veux de réagir de cette manière. 

— Hyp ? Ça va ? Tu fais une drôle de tête. T’as trouvé un bouquin vraiment stupide sur l’astrophysique ? 

— Non. C’est juste mon auteur préféré qui vient samedi prochain. Je n’étais pas au courant. 

— Pour le truc de gamin avec les cailloux ? 

Voilà la raison pour laquelle je n’ai rien dit à Declan. Il dénigre tout ce qui touche un tant soit peu aux mondes de l’imaginaire. Alors de la fantasy pour jeunes adultes, avec des personnages hauts en couleur, des couples diversifiés et un univers gigantesque, ça ne lui plaît pas du tout. Pire, il se moque de moi. S’il apprenait que l’auteur que j’admire tant et dont je pourrais disserter sur la plume pendant de longues minutes est mon ex, il verrait un peu rouge. Même plus qu’un peu. 

— Arrête. Tu ne l’as jamais lu. 

— Je n’apprécierais pas. Je n’ai plus dix-sept ans. La quête de soi, ce n’est plus pour moi. Et ne me lance pas sur l’écriture. Je sais ce que tu en penses. 

— Alors, arrête de me dénigrer s’il te plaît. Chacun ses goûts. 

Il se rapproche de moi et dépose sa tête contre mon épaule. Nous faisons plus ou moins la même taille, mais il adore ce genre de position. De plus, il a parfaitement conscience que ça me fait craquer. 

— Désolé. Je ne le referais plus. Tu as le droit d’aimer cette série et de te réjouir de la séance de dédicace. 

— Merci. 

Je me retourne vers lui pour lui coller un baiser sur la joue, et je lui offre à nouveau ma main. Nous ne sommes plus très loin du pub. 

— Même si, techniquement, je voulais te proposer un rendez-vous ce week-end-là. Pour fêter nos trois ans. 

— Oh merde ! Je suis tellement désolé, Declan. Ça m’était… un peu sorti de la tête. 

— C’était une surprise à la base. Je me suis torturé l’esprit pour te laisser bosser sur la Chose le matin, et nous serions partis l’après-midi. Mais si tu préfères aller à ta signature… 

Il m’offre une tête assez déçue, et je fais demi-tour comme une fusée. Je reviens devant l’affiche, et je claque un gigantesque sourire sur mes lèvres. 

— Tant pis pour la lecture, j’irais à la dédicace le matin. Et ensuite, je profite de mon merveilleux copain. 

— Et la Chose ? 

— Je bosserais plus les autres jours. La nuit s’il le faut. 

— Hyppolyte… 

Je fronce les sourcils. Je déteste vraiment ce ton. Culpabilisant. 

— Quoi ? 

— Tu es déjà en retard sur ta thèse. Ça fait un an que tu n’as plus de bourse et tu écris à la vitesse d’un escargot. Tu pourras revoir ton auteur à une autre occasion, j’en suis sûr. 

— Ça m’étonnerait. 

Il pose les mains sur les hanches et il me fixe avec condescendance. 

— Tu le connais personnellement ? 

Mon sourire se fait presque sarcastique, mais je me ravise. Ce n’est pas le moment de lui révéler qu’en effet, Yahiko n’a plus vraiment de secrets pour moi, même si nous ne parlons plus beaucoup. 

— Non, mais d’après sa page d’auteur sur le site de sa maison d’édition, il se déplace très peu. C’est assez compliqué pour lui. 

— Le pauvre petit chou. Je vais plaindre un mec qui écrit des histoires pour les gamins et qui gagne une somme astronomique en vendant ses bouquins. 

— Il est aveugle, Declan. C’est pour ça qu’il ne peut pas trop se déplacer. J’aurais pu aller le voir à Belfast, parce qu’il est régulièrement en dédicace dans les librairies, mais je préfère bosser sur la Chose. Donc maintenant, on clôt le sujet. Je vais faire signer mes livres samedi matin, et ensuite, on fête nos trois ans. D’accord ? 

Les yeux bleus de mon compagnon s’écarquillent un peu, avant qu’il se jette dans mes bras. Je l’accueille avec joie, mon ressentiment s’éloignant à grande vitesse. 

— D’accord. Je te demande pardon. Je ne savais pas. 

— Pas de problème. Mais n’en parlons plus, s’il te plaît. Ou plutôt, si. Parle-moi de ce que tu as prévu pour ce fameux week-end. 

L’expression faciale de Declan change du tout au tout, et je sais qu’il a oublié ce qui vient de se passer. 

— C’est une surprise. La seule chose que j’accepte de te révéler, c’est que ce n’est pas à Oxford. C’est tout. 

— Mais… mon cœur… 

— Ne cherche pas, je ne craquerais pas. Tu verras bien. 

Je fais semblant de bouder, mais ma petite technique ne fonctionne pas. Il n’en démord pas. Pire, il recommence à marcher sans moi. 

— Je m’en fous. Je vais soûler Elaine pour qu’elle me révèle tout. 

— Elle ne sait rien. Il n’y a qu’Harry qui est au courant.  

Je grince des dents. Harry, le jumeau de Declan. Quand nous avons appris à nous connaître, j’ai adoré le fait que nous ayons tous les deux des jumeaux. Mieux encore, que nous avons tous les deux une relation fusionnelle avec eux. Sauf que tout s’est cassé la figure lorsque j’ai rencontré Harry. 

Ce gars, bien qu’il ressemble physiquement à Declan, est tout son inverse. C’est un peu le cliché du mec qui travaille dans la finance, qui traite tout le monde comme inférieur et qui dénigre tout ce qui n’est pas dans son champ de compétence. Au moment où il a appris que je faisais une thèse en astrophysique, il s’est retourné vers Declan et il lui a prononcé quelque chose qui est gravé dans ma mémoire. 

— Qu’est-ce que ça te fait de te dire que tu vas entretenir un chômeur surqualifié ? 

Je suis resté très digne, bien droit dans mes chaussures en daim, et je lui ai offert le sourire le plus hypocrite que je puisse — celui qui était auparavant destiné à mes parents. Declan m’a défendu et nous avons peu subtilement changé de sujet. 

Je me suis déchargé de toute ma rage en téléphonant à Lola et en déblatérant des insultes dans toutes les langues que je connais pendant de très très longues minutes. À la fin, Lola en a ri. 

Avec Harry, nous avons décidé que moins nous nous côtoyons, mieux nous nous portions. Il est donc hors de question que je l’appelle pour lui demander des infos sur la surprise que me prépare son frère. 

— Je vois. Je vais devoir attendre, si je comprends bien.

Il ouvre la porte du pub avec une main, et de l’autre, il se retourne vers moi. Ce petit fourbe me fait un clin d’œil. 

— Tout à fait ! 

Je lui siffle dessus en passant le pas, mais il m’ignore avec style. Il se dirige à toutes jambes vers sa cousine, qui est attablée avec un homme que nous connaissons bien. Je souris à Elaine, mais surtout à Ugo, un autre collègue d’astrophysique. Personne n’est au courant, mais pendant ma toute première année d’étude ici, peu de temps après la rupture avec Yahiko, j’ai eu un crush sur lui. Malheureusement, il s’est révélé très hétéro, et il m’a très rapidement mis un stop en pleine face. J’ai réussi à dépasser tout ça, et c’est devenu un ami. Dès que je me dispute avec Declan, ou qu’il insiste un peu trop pour que j’écrive ma thèse nuit et jour, je me confie à lui. Mais surtout, c’est le seul qui est au courant pour Yahiko. 

Il me sourit quand je m’installe à côté de lui, et il m’envoie une pinte de bière. Une écossaise, comme d’habitude. Anglais pur souche, il aime se moquer de mes origines. De temps en temps, j’ai même le droit à un plat de hareng fumé, pour accentuer ma moitié norvégienne, que je tiens de ma mère. 

— T’as enfin sorti la tête de tes bouquins ? 

— Pitié, ne m’en parle pas. Je ne verrais jamais le bout de cette chose, j’ai l’impression. C’est bien pour ça que je l’ai baptisée comme ça, d’ailleurs. 

— Je te comprends. Je suis passé par là. 

Ugo m’a raconté que sa soutenance a été un calvaire. Un prof l’avait pris en grippe, et il a manqué d’échouer. Heureusement, certains autres ont plaidé en sa faveur. J’espère de tout cœur que ça ne m’arrivera pas, et qu’on ne pointera pas du doigt le fait que j’ai fini mon travail en bien plus de temps que mes petits camarades. 

— En plus, il me met la pression. 

— Le professeur Morris ? 

— Non. 

Je fais discrètement aller mes yeux vers Declan, en pleine conversation avec sa cousine. Ugo comprend très bien de qui je parle et commence à agiter son verre vide. Il observe le mien, qui l’est à moitié, avant de se reporter vers le bar. Je saisis le message. J’avale mon restant de bière en deux gorgées et je me lève avec lui. 

— Vous voulez quelque chose ? 

— Non, merci, répondent-ils presque en cœur. 

Pas un regard ni un geste vers nous. Je suis presque vexé d’être aussi invisible, et je décide unilatéralement de prendre mon temps avec Ugo. 

Dès que nous sommes un peu éloignés de notre table, il commence à parler. 

— Il te fait du chantage ou des trucs comme ça ? 

— Non. Mais il est très culpabilisant. Surtout après qu’on soit passés devant cette librairie, avant de venir. 

Je fixe les yeux marrons de mon ami, et je lâche la bombe. 

— Yahiko est en dédicace samedi. 

— Ton Yahiko ? 

— Oui. Il ne quitte jamais l’Irlande du Nord à cause de sa cécité, alors je suis particulièrement heureux qu’il ait choisi Oxford pour se faire. 

— Il ne vient qu’ici ? 

— Oui. 

Le petit sourire qu’Ugo m’offre ne vaut rien de bon. 

— Comme c’est intéressant… 

Il joue au mystérieux, ce qui fait démarrer mon cœur. Je sais pertinemment bien que ce n’est pas sa présence qui me rend tout chose, mais ce qu’il sous-entend. 

— Et comment tu te sens toi, vis-à-vis de tout ça ? Est-ce que tu comptes y aller ? 

— Je ne vais pas me gêner ! J’ai quatorze livres écrits par lui, et j’aimerais bien une petite signature. Et puis… j’ai envie de le revoir. 

— Des troubles dans la galaxie Declan ? Tout n’est plus si parfait ? 

— Ma sœur et toi, vous êtes vraiment pareils. 

— Réfléchis, Hyp. On a peut-être raison, après tout. Tu ne te vois pas dans une glace quand tu parles de Yahiko. Ton visage était ouvert, tu souriais. Le contraste est assez violent avec la scène juste avant, où tu me disais que ton copain te foutait la pression pour que tu écrives ta thèse et qu’il te faisait culpabiliser. 

Je devrais démentir, râler, voir même l’insulter pour ce qu’il insinue. Mais je me tais, parce que je sais qu’il a raison. Ça fait plusieurs mois qu’il pointe mon attitude quand je parle de Declan. Je ne retiens que le négatif. Les petites remarques, son comportement lorsqu’on évoque la Chose. 

— Il veut m’emmener en week-end pour nos trois ans. Il était mécontent que j’aille à la dédicace et il a dénigré le travail de Yahiko. 

— Ce mec est un con. Je l’ai toujours pensé. Mais alors là, je ne vais pas gêner pour l’exprimer à voix haute. Qu’Elaine l’apprécie, je veux bien, parce qu’il fait partie de sa famille. Mais toi, barre-toi tant qu’il est encore temps. C’est mon conseil. 

Il décide que la conversation s’arrête là, et il se penche vers le comptoir pour commander nos deux bières. Moi, je suis perdu dans mes pensées. 

Et je me rends compte qu’en réalité, elles sont toutes occupées par Yahiko.

L’histoire d’Hyppolyte et Yahiko ne fait que commencer…

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