Les Cieux ne sont pas nés d’un plan précis ou d’une envie de créer un univers.
Ils sont nés de personnages qui se sont imposés, d’histoires qui ont pris plus de place que prévu, et d’un besoin d’écrire impérieux.
Cette page est un endroit pour parler de ce qu’il y a derrière les livres : l’écriture, les doutes, les personnages qui reviennent sans prévenir, et ce que je mets, parfois malgré moi, dans les Cieux.
L'écriture
Je n’écris pas les Cieux avec un plan figé. C’est même quelque chose je déteste, parce que ça me coupe dans mon écriture.
Je pars toujours des personnages : ils s’imposent à moi, et je dois deviner le reste afin de raconter au mieux le pan de vie qu’ils m’ouvrent.
Il m’est arrivé de commencer un roman pour en écrire un autre à la place, simplement parce que les personnages ne voulaient pas aller là où je les emmenais.
Ciel de printemps est né ainsi, un jour d’avril, alors que j’étais bloquée sur un autre texte.
Certains romans ont changé de forme en cours de route, comme Ciel d’hiver, d’autres ont été entièrement réécrits comme Ciel d’automne. Il m’arrive même de découvrir certains liens entre les Cieux, après coup et surtout bien malgré moi.
Changer de pays pour l’univers des Cieux a été l’une des décisions les plus difficiles et les plus nécessaires que j’ai prises en tant qu’autrice.
Les personnages
Les Cieux sont des romans qui se construisent autour de leurs personnages. Ce sont les premiers à venir à moi, avant même les thématiques, les décors ou même le scénario en lui-même.
Je n’écris pas des personnages pour leur faire vivre une histoire précise. J’essaie plutôt de les écouter, de comprendre ce qu’ils me racontent, ou ce qu’ils ne racontent pas, justement. Certains se livrent facilement, comme Rio, dans Ciel d’automne. D’autres demandent du temps, des détours, et parfois plusieurs versions avant que je parvienne à raconter leur histoire avec justesse, comme ce fut le cas avec Samuel et Curtis, qui m’ont camouflé leur Monstre pendant des années.
Il arrive aussi que des personnages prennent plus de place que prévu. Alors qu’ils ne sont que des personnages secondaires, ils réclament d’avoir toute la lumière dans leur propre tome, pour montrer toute leur évolution, leur histoire, leurs combats. Parfois, ces personnages continuent d’exister dans ma mémoire bien après la fin qui leur été destiné. C’est ainsi que certains liens sont nés, parfois à mes dépends.
Les personnages des Cieux appartiennent à un même univers, partagent parfois une histoire commune ou une relation passée. Ils changent, se trompent, et portent les conséquences de ce qu’ils ont vécu. C’est cette continuité qui donne sa cohérence à l’ensemble, bien plus qu’un ordre de lecture ou une chronologie stricte.
Écrire les Cieux, c’est accepter que certains personnages me résistent, que d’autres me surprennent, et que je n’aie pas toujours toutes les réponses dès le départ. C’est aussi ce qui rend cet univers vivant : les personnages ne se contentent pas d’exister, ils continuent d’évoluer, même quand je ne suis pas en train de les écrire.
Sans toute mon équipe, sans mes narrateurs chéris, les Cieux n’existeraient tout simplement pas.
Les thèmes
La grande majorité des personnages des Cieux sont queer, et vivent des relations qui sortent du cadre hétéro-normé.
Ce choix n’est jamais pensé comme un message ou une exception à souligner, mais comme une évidence. Les identités et les relations font partie intégrante des personnages, au même titre que leurs blessures ou leurs désirs. Les Cieux sont ainsi traversés par des histoires d’amour entre hommes, entre femmes, ou en dehors des schémas traditionnels, sans que cela ne définisse à elle seule les récits. Ces relations sont au cœur de l’univers, racontées avec la même attention, la même profondeur et la même normalité que toutes les autres. Certains de mes romans décrivent aussi des relations hétéro, mais il y a chaque fois au moins un personnage LGBT important dans l’histoire (si ce ne sont pas les personnages principaux, comme c’est le cas dans Ciel de RPG)
La santé mentale occupe également une place importante dans les Cieux. Elle n’est jamais abordée comme une étiquette ou une explication facile, mais comme une composante parmi d’autres de la vie des personnages. Les blessures et les rechutes cohabitent avec les relations qui se construisent.
L’amour, dans les Cieux, n’est jamais une solution miracle. Il n’efface pas le passé, il ne répare pas tout d’un seul coup, et il ne sauve personne à lui seul. Il soutient et il permet parfois d’apprendre à vivre autrement. Il laisse toujours aux personnages la responsabilité de leur actes.
Belfast fait entièrement partie des Cieux. Certains personnages rêvent de la quitter, d’autres ne s’imaginent pas vivre ailleurs. La ville, l’Irlande, et les paysages qui les entourent deviennent alors des refuges ou des points de tensions, selon les trajectoires de chacun.
Les lieux
À l’origine, les Cieux ne se déroulaient pas en Irlande.
Lors de leurs premières versions, les histoires prenaient place au Japon, un pays qui me fascinait à l’époque. Grâce à quelques remarques pertinentes de personnes concernées, j’ai réalisé que mes recherches restaient superficielles, et que je ne rendais pas du tout hommage à cette culture comme je l’espérais.
Ce constat m’a poussée à tout reprendre. Réécrire les Cieux dans un autre pays a été une décision difficile, mais nécessaire. L’Irlande du Nord s’est alors imposée comme une évidence : je refusais catégoriquement les États-Unis, et la France m’était impossible à cause de quelques scénario.
Cette réécriture a profondément façonné l’univers tel qu’il existe aujourd’hui.
Les Cieux sont profondément ancrés en Irlande, et plus précisément à Belfast. Pourtant, je ne cherche pas à atteindre un réalisme absolu. J’ai pris certaines libertés, inventé des lieux comme l’école (appelle Grammar School dans les romans) Clear Lake, ou certains lieux emblématiques de certains Cieux. Ces choix ne visent pas à gommer le réel, mais à le rendre habitable pour mes personnages, à leur offrir un terrain cohérent où évoluer sans être contraints par une fidélité documentaire.
Lire les Cieux
Il n’existe pas une seule manière de lire les Cieux.
Chaque histoire peut être découverte indépendamment, selon les envies, les thèmes ou les personnages qui vous intéressent le plus.
Certain·es préféreront suivre le fil des saisons, d’autres se laisseront tenter par une histoire secondaire. L’univers a été pensé pour permettre ces choix, sans jamais enfermer la lecture dans un ordre strict.
Si les livres se répondent et partagent le même ciel, chacun raconte avant tout une histoire, avec sa propre tonalité et ses propres enjeux.
Pour celles et ceux qui souhaitent explorer l’univers plus en détail, une page dédiée permet de découvrir les différents romans qui composent la saga des Cieux.
