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Trilogie Floralis · Tome 1

La Princesse Fae

Une romantasy dans un monde où la magie pousse dans chaque pétale.
Lisez le premier chapitre ici.

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L'histoire

Astea est la Gardienne des Grandes Fleurs. Depuis qu'elle a dix ans, elle a Ă©tĂ© formĂ©e pour ce rĂ´le : protĂ©ger les entitĂ©s vĂ©gĂ©tales magiques qui veillent sur chaque royaume de Floralis. Pendant toute sa vie, on l'a prĂ©parĂ©e pour le voyage de l'Équinoxe, ce pèlerinage sacrĂ© Ă  travers les six royaumes, qu'elle s'apprĂŞte enfin Ă  rĂ©aliser pour la première fois.

Mais son père, le roi Edren, a d'autres priorités. Il veut la marier au prince Aldric de la Cour du Lys pour redynamiser l'économie du royaume. Astea n'en a aucune envie, préférant se consacrer à son voyage à travers Floralis avec son escorte. Dont Neet, son garde personnel.

Il est discret et loyal, et il est à son service depuis quelques mois. Ce qu'Astea ne sait pas, c'est qu'il l'aime depuis qu'il a huit ans. Il a passé vingt ans à s'entraîner, à devenir assez fort pour entrer à son service, et à continuer de l'aimer en silence. Il sait que leur amour est impossible, parce qu'elle est une princesse, et lui un simple garde.

Leur voyage va durer des mois. Des déserts brûlants du Sultanat des Tournesols aux forêts profondes du Royaume des Roses, en passant par les canaux étincelants de l'Empire des Tulipes. À chaque étape, Astea renouvelle une Grande Fleur et accomplit son devoir avec passion.

Mais au fil du pèlerinage, quelque chose d'autre se révèle, quelque chose à laquelle elle ne s'attendait pas. Entre le devoir qui l'appelle et une liberté qu'elle commence à peine à entrevoir, elle va devoir choisir.

✦ ✦ ✦

Chapitre I

Astea

Les premières lueurs de l'aube caressaient les toits de tuiles ocre de Peonia quand Astea se glissa hors de sa chambre. Elle avait appris, au fil des ans, à repérer les lattes du parquet qui grinçaient, les portes aux gonds trop bavards, les couloirs où les serviteurs se levaient tôt. Le palais royal était un labyrinthe de pierre et de secrets, et elle en connaissait chaque recoin.

Ce matin-là, elle portait une cape de laine simple, couleur de mousse, par-dessus sa chemise de nuit. Ses cheveux roses étaient tressés à la hâte, encore emmêlés de sommeil, quelques mèches rebelles s'échappant déjà. Dans ses mains, elle serrait un panier d'osier où reposaient trois pivoines blanches, leurs pétales si pâles, qu'ils semblaient phosphorescents dans la pénombre. Des fleurs ordinaires en apparence, mais Astea savait qu'il s'agissait d'une illusion. Infusées dans de l'eau chaude, ou posées directement sur une blessure, elles pouvaient faire des miracles.

Elle descendit l'escalier de service, celui que personne n'empruntait jamais, sauf les lavandières et les cuisiniers de nuit. L'air sentait le pain frais et la mer. Peonia s'éveillait toujours avec l'odeur du sel et du levain – une ville où les marchands commençaient leur journée avant même que le soleil ne se montre, où les bateaux entraient et sortaient du port dans un ballet incessant de voiles et de cordages.

Astea aimait cette ville.

Elle franchit la porte dérobée qui donnait sur les jardins du palais. C'était son refuge, son royaume dans le royaume. Ici, elle n'était pas la princesse héritière. Elle était simplement celle qui parlait aux plantes, qui leur murmurait des encouragements, qui sentait leur joie quand la pluie tombait ou leur tristesse lorsqu'on les négligeait.

Elle traversa sans bruit, ses pieds nus sur les pierres encore fraîches de rosée. Au fond, près du mur d'enceinte, une porte de bois discret s'ouvrait sur une ruelle étroite. C'était par là qu'elle sortait, toujours seule.

Enfin, presque.

— Vous êtes matinale, Votre Altesse.

Astea sursauta et se retourna. Neet se tenait dans l'ombre d'un prunier en fleurs, les bras croisés, l'air faussement décontracté. Il portait son uniforme de garde – tunique et pantalon noir, rehaussé de quelques touches d'argenté, d'une ceinture bordeaux et d'une épée au côté. Ses cheveux noirs étaient attachés en une queue basse.

— Vous m'avez fait peur, souffla Astea en posant une main sur son cœur.

— Ce n'était pas mon but, répondit-il avec un demi-sourire. Je suis là pour vous protéger, même de vos propres imprudences.

Elle leva les yeux au ciel, mais elle ne put s'empêcher de sourire. Neet avait ce don pour dire des choses sérieuses avec un ton léger, comme s'il cherchait à dédramatiser tout ce qui touchait à son devoir.

— Ce n'est pas de l'imprudence, dit-elle. C'est de la compassion.

— Votre père ne verrait pas la différence.

Astea serra les poings. Neet avait raison, bien sûr. Le roi Edren avait été furieux quand il avait découvert qu'elle distribuait des pivoines magiques aux familles dans le besoin. Tu es la gardienne des Grandes Fleurs, pas une aumônière, avait-il tonné. Tu dois préserver ton pouvoir pour ton premier voyage de l'Équinoxe, pas le gaspiller pour des mendiants. Ton rôle est de renouveler les Protectrices de la magie de chaque royaume.

Mais Astea ne voyait pas les choses ainsi. Les fleurs qu'elle était la seule capable de créer étaient faites pour être partagées. Et si ses dons pouvaient aider une mère à soigner son enfant fiévreux ou un vieil homme à retrouver un peu de vigueur, alors pourquoi les garder pour elle ? C'était la réponse qu'elle se donnait depuis toujours, et elle n'avait jamais eu de raison d'en douter. Elle ne s'attardait pas sur ce que ces matins volés lui apportaient : ce sentiment d'exister enfin par elle-même, loin des protocoles et des regards qui la jugeaient uniquement à travers son titre. Dans ces ruelles, elle n'était pas la fille du roi qu'on épiait, qu'on jaugeait, qu'on attendait de voir échouer ou réussir. Elle était utile, et c'était une sensation qu'elle ne trouvait nulle part ailleurs.

Elle aurait pu s'arrêter sur cette pensée. Elle préféra ne pas le faire.

— Allez-vous me dénoncer ? demanda-t-elle à Neet, soudainement inquiète.

Il la regarda longuement. Ses iris brun clair semblaient capter la lumière et la réfracter différemment, comme s'il réfléchissait à quelque chose de bien plus profond qu'une simple question.

— Non. Je vais vous accompagner.

Astea cligna des paupières, surprise.

— Mais si mon père l'apprend…

— Il m'a mis à votre service pour vous surveiller. Techniquement, je fais mon travail.

Cette fois, le sourire d'Astea fut sincère, lumineux. Elle ne savait pas pourquoi Neet la soutenait dans son entreprise – peut-être par loyauté, ou parce qu'il comprenait mieux qu'elle ne le pensait ce besoin viscéral d'aider les autres –, mais elle lui en était reconnaissante. Depuis qu'il était entré à son service quelques mois plus tôt, elle avait remarqué cette constance chez lui : il était toujours là, silencieux et attentif.

— Alors, venez, lança-t-elle en poussant la porte. Nous avons trois familles à visiter avant que la ville ne se réveille.

Ils se glissèrent dans la ruelle, le soleil dessinant des ombres longues et douces sur les pavés. Astea marchait devant, et Neet la suivait à quelques pas. Elle entendait le léger cliquetis de son épée contre sa cuisse, le souffle régulier de sa respiration. Parfois, elle jetait un coup d'œil par-dessus son épaule et elle le découvrait toujours là, vigilant, le regard balayant les rues comme s'il cherchait des menaces invisibles.

Elle se demandait souvent ce qu'il pensait. S'il trouvait cela étrange, cette princesse qui se levait avant tout le monde pour distribuer des fleurs magiques à des inconnus. S'il la jugeait naïve, ou simplement têtue. Mais il ne partageait jamais ses opinions, et elle ne posait pas de questions.

Elle se disait que c'était par respect pour son silence à lui. La vérité était peut-être plus simple : elle n'était pas certaine de vouloir connaître la réponse ni ce qu'il lui faudrait faire si jamais il cessait de se taire.

Ils tournèrent dans une rue plus large, où les premières échoppes commençaient à ouvrir leurs volets. Un boulanger sortit un plateau de miches fumantes, et l'odeur du pain chaud emplit l'air. Astea inspira profondément.

— On y est, murmura Astea en s'arrêtant devant une maison étroite.

Elle frappa doucement à la porte. Un instant plus tard, une femme apparut – la trentaine, les cheveux tirés en arrière. Ses yeux s'écarquillèrent en reconnaissant Astea.

— Votre Altesse… chuchota-t-elle en esquissant une révérence maladroite. Je ne pensais pas que… quand j'ai prié la Grande Pivoine, je…

— Chut, fit Astea avec un sourire doux. Personne ne doit savoir.

Elle sortit une des fleurs blanches du panier et la lui tendit.

— Faites-la infuser dans de l'eau chaude. Attendez qu'elle refroidisse et trempez-y vos mains. Vous ne sentirez plus la douleur, et vous pourrez recommencer à travailler normalement.

La femme saisit la pivoine avec précaution, comme s'il s'agissait d'un trésor inestimable.

— Je… je ne sais pas comment vous remercier, balbutia-t-elle.

— Continuez à prier la Pivoine, dit simplement Astea. C'est tout ce que je vous demande.

Elle se détourna avant que la femme ne puisse ajouter quoi que ce soit et elle repartit dans la ruelle. Neet n'avait pas bougé, adossé au mur d'en face, les bras croisés. Quand elle passa près de lui, il se redressa et la suivit sans un mot.

Ils visitèrent deux autres maisons, distribuèrent deux autres fleurs, récoltèrent deux autres sourires timides.

Quand le panier fut vide, Astea se sentit à la fois plus légère et plus lourde. Elle avait fait ce qu'elle devait faire, même si elle savait que ce ne serait jamais assez. Il y avait tellement de gens dans le besoin. Et elle était la seule Gardienne.

— Nous rentrons ? l'interrogea doucement Neet.

Astea hocha la tête. Ils reprirent le chemin du palais en silence. Le soleil était maintenant complètement levé, et Peonia grouillait de vie. Les marchands criaient leurs prix, les enfants couraient entre les étals, les mouettes tournoyaient au-dessus du port. Astea observait tout cela avec une tendresse mélancolique.

— Vous croyez que je gaspille mon pouvoir ? s'inquiéta-t-elle soudain.

Il mit un instant à répondre.

— Je pense que vous faites ce que vous jugez juste. Et c'est déjà plus que beaucoup de gens.

Astea tourna la tĂŞte vers lui, surprise par la douceur de sa voix. Mais Neet regardait droit devant lui, le visage impassible.

Elle se demanda ce qu'il voyait, quand il l'observait. Une princesse irresponsable ? Une idéaliste naïve ? Ou peut-être quelque chose d'autre, quelque chose qu'elle-même ne remarquait pas encore.

Elle décida de ne pas y penser davantage. C'était plus simple ainsi.

Ils rentrèrent au palais par l'entrée dérobée, et Astea monta directement dans sa chambre. Avant de pénétrer dans ses appartements, elle se retourna.

— Merci, Neet.

Il inclina légèrement la tête.

— À votre service, Votre Altesse.

Elle croisa son regard. Ses yeux bruns la troublaient, porteurs de quelque chose qu'elle ne parvenait pas à nommer. Elle referma la porte sans s'attarder sur cette pensée, comme elle le faisait toujours.

— Fin du chapitre 1 —
La suite dans l'édition reliée 🌸

Chapitre II

Neet

Neet attendit que la porte de la chambre d'Astea se referme avant de laisser échapper un soupir.

Merci, Neet.

Deux mots prononcés avec cette douceur qui faisait mal. Comme si elle ne savait pas que ces deux mots suffisaient à le tenir éveillé toute la nuit, à le hanter jusque dans ses rêves.

Il s'adossa au mur, les yeux fermés, et compta jusqu'à dix. C'était un exercice qu'il avait appris à l'entraînement : respirer, se recentrer, ne pas laisser les émotions prendre le dessus. Mais personne ne lui avait jamais expliqué comment gérer cette proximité avec la femme qui lui avait volé son cœur depuis l'enfance.

Quand il rouvrit les yeux, le couloir était vide et silencieux. Les serviteurs n'arriveraient pas avant une heure. Il avait du temps.

Neet descendit l'escalier de service et sortit dans les jardins. L'aube avait laissé place à un matin lumineux, le soleil réchauffant déjà les pierres du palais. Il gagna un coin reculé entre deux haies de lauriers, à l'ombre d'un vieux chêne, là où personne ne venait jamais.

C'était son refuge. Son secret.

Il s'agenouilla sur l'herbe humide de rosée et il posa les mains à plat sur le sol. Aussitôt, le pouvoir afflua dans ses paumes, cette chaleur familière qui remontait dans ses bras. Les lianes répondirent à son appel, surgissant de la terre avec une obéissance silencieuse. Elles s'enroulèrent autour de ses doigts, grimpèrent le long de ses poignets, attendant ses instructions.

Neet ferma les paupières, visualisant son visage.

Les lianes se mirent à bouger, à danser, à dessiner. Elles traçaient les contours de ses cheveux roses, la courbe délicate de sa mâchoire, la forme de ses yeux gris perle. Neet travaillait avec une précision presque douloureuse, comme s'il sculptait quelque chose de sacré. Chaque détail comptait. La façon dont ses sourcils se fronçaient quand elle réfléchissait. La manière dont ses lèvres s'incurvaient quand elle était vraiment heureuse. Ce sourire qui naissait quand elle croisait sa sœur, ou qu'elle se trouvait dans un jardin particulièrement bien entretenu.

Elle n'était jamais ainsi avec lui.

Quand il eut terminé, il contempla son œuvre. Sur le sol, entre les racines du chêne, le visage d'Astea le fixait. Les lianes formaient un portrait éphémère, vivant, d'une beauté qui lui nouait la gorge.

Il resta là à observer cette version d'elle qu'il était le seul à voir.

Il se demanda si c'était vraiment elle qu'il façonnait ainsi, ou seulement l'image qu'il avait figée et qu'il polissait sans relâche, année après année, sans jamais la remettre en question. Astea avait grandi et elle portait des responsabilités dont il n'avait pas tout à fait conscience. Lui continuait de la dessiner comme il l'avait toujours connue, comme si elle n'avait pas changé depuis leur rencontre.

Il effaça la pensée d'un revers de la main. Les lianes se rétractèrent aussitôt dans le sol.

Je suis pathétique.

Il le pensait vraiment, sans complaisance ni mélancolie facile. Vingt ans qu'il recommençait ce même geste, chaque matin ou presque, comme un homme qui prierait une Grande Fleur morte. Il aurait pu apprendre à jouer d'un instrument ou à tailler le bois. Il avait choisi de sculpter son visage à elle, encore et encore, et de n'en être jamais rassasié.

Il ne savait pas s'il fallait appeler cela de l'amour ou une forme de faim qu'il ne parviendrait jamais Ă  calmer.

Mais il ne pouvait pas s'en empĂŞcher.

Il se souvenait du jour où il l'avait aperçue pour la première fois. Ils avaient huit ans tous les deux. C'était la rentrée, et tous les enfants du palais s'étaient rassemblés dans la grande salle. Neet, intimidé, s'était placé au fond — sa famille n'était pas riche, son père n'était qu'un garde, et lui-même n'avait aucun ami. Il espérait se faire oublier.

Puis elle était entrée.

Une petite fille aux cheveux roses, vêtue d'une robe sobre, mais impeccablement propre. Elle avait balayé la salle du regard, et, au lieu d'aller avec les autres enfants de nobles, elle était venue directement vers sa table.

— Est-ce que je peux m'asseoir là ? avait-elle demandé en désignant la chaise à côté de lui.

Neet avait hoché la tête, trop surpris pour parler.

Elle s'était installée, elle avait sorti son matériel, puis elle s'était tournée vers son visage avec un sourire.

— Moi, c'est Astea. Et toi ?

— Neet, avait-il murmuré.

— Enchantée, Neet.

Elle l'avait traité comme un égal et un ami. C'est tout ce dont il avait besoin à ce moment-là.

Quelques semaines plus tard, il était tombé en courant dans la cour. Il s'était écorché le genou, et le sang coulait sur sa jambe. Il avait essayé de ne pas pleurer — les garçons ne pleuraient pas, c'est ce que son père disait toujours — mais c'était vraiment douloureux.

Astea était apparue à ses côtés, les sourcils froncés d'inquiétude.

— Tu t'es fait mal ?

Il avait hoché la tête, serrant les dents.

Elle avait sorti une graine de sa poche, et elle l'avait posée juste à côté du sang, ne montrant aucun signe de dégoût. Elle avait ensuite tendu les mains, et elle avait psalmodié quelque chose qu'il n'avait pas compris. Une pivoine avait grandi sur son genou écorché. Aussitôt, la douleur s'était estompée, remplacée par une chaleur douce et apaisante. Quand elle avait retiré la fleur, la blessure avait déjà commencé à guérir.

— Voilà, avait-elle dit avec un sourire. Tu as encore mal ?

Neet l'avait regardée, bouche bée. Il ne savait pas qu'elle pouvait faire ça. Aussi simplement, sans rien demander en retour.

— Merci, avait-il murmuré.

— De rien. C'est ce que font les amis, non ?

Les amis. Ils l'étaient, et Neet n'aurait pu rêver mieux.

Et puis, un jour, alors qu'il venait d'avoir dix ans, tout bascula. Après une absence, on annonça à la classe qu'Astea était la nouvelle Gardienne, le lien entre les Grandes Fleurs et le peuple, la seule capable de maintenir leur pouvoir. Astea était partie sans prévenir, sans un au revoir. Neet l'avait cherchée partout, mais on lui avait dit qu'elle ne reviendrait pas. Qu'elle avait des responsabilités, maintenant, et qu'elle devait s'instruire auprès de Dame Mirielle.

Il avait eu le cœur brisé.

Mais au lieu de l'oublier, il avait pris une décision. Il allait devenir assez fort et assez puissant pour entrer à son service.

Alors il s'était entraîné. D'abord à l'épée, sous la guidance de son père. Puis, quand son pouvoir s'était manifesté, il s'était acharné à le développer, ne comptant pas les heures. Les lianes étaient capricieuses, difficiles à maîtriser, mais il avait persévéré. Jusqu'à intégrer la garde royale et obtenir le droit de servir Astea.

Il avait réussi. Il côtoyait la princesse chaque jour. Il gardait son secret, et il la protégeait.

Mais elle ne s'intéressait pas à lui. Pas comme il l'aurait voulu, bien que ça soit impossible.

Neet se releva, épousseta ses genoux, et il prit une grande inspiration.

Il devait retourner travailler. Il devait se poster devant sa chambre, monter la garde, être immobile et aux aguets. Même si chaque minute passée près d'elle était une douce torture.

Même si tout ce qu'il désirait, c'était lui dire :

Je vous ai toujours aimé, et je vous aimerais jusqu'à la fin de mon existence.

Il savait, au fond de lui, qu'il ne se déclarerait jamais. C'était une princesse, et lui un simple garde. Elle avait des responsabilités, des Grandes Fleurs à protéger, un avenir tracé. Et il n'avait pas le droit de compliquer sa vie avec ses sentiments inutiles.

Alors, il retourna au palais, le cœur lourd. Il ne s'était jamais demandé ce que cela lui coûterait, à la longue, de tout donner et de ne jamais rien réclamer. Peut-être qu'un jour, il n'aurait plus rien à offrir, et qu'il ne s'en apercevrait même pas.

— Fin du chapitre 2 —
La suite dans l'édition reliée 🌸

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